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Toï Toï
Description

Documentaire sur la préparation du Ballet "Under the Day" du chorégraphe Suédois Johan Inger pour l'Opéra de Lyon. Des coulisses à la scène ce reportage raconte la vie d'un Ballet.

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TOÏ TOÏ

C’est derrière les portes de l’0péra de Lyon que des silhouettes, objets de poésie, font naître, dans la genèse d’un ballet, volupté, légèreté, maîtrise. Ces corps sculptés rappellent les korè grecques, canoniquement parfaits. Pouvant faire rougir le Discobole de Myron, les danseurs sont façonnés par cet artisan au service de l'artiste qu'est Johan Inger. Techniciens, costumières, scénographes, professeurs, danseurs… Tous œuvrent ensemble dans un même but. Il n’est pas rare de croiser des danseurs aidant les techniciens au changement de décors, ou encore une costumière en pleine réflexion aux côtés du chorégraphe et du maître de ballet. Ces artistes composent chacun leurs vers, cherchent les rimes riches et parfaites, afin que la poésie opère, tout d’abord dans le cercle intime de l’opéra. Enfin, le jour où celle ci est prête à se faire cueillir, elle s’offre au public, cherchant à raisonner dans l’intimité de chaque spectateur.

oui oui


Et quand on pousse les portes de l’Opéra, les danseurs exécutent des heures durant, entre maintien et mouvement, des enchaînements voulant tendre vers la perfection. Dans le grand studio, dont les fenêtres surplombent l’hôtel de ville de Lyon, Irena et Javier, sculpteurs de corps humains, les accompagnent dans la préparation physique du Ballet. De l'élégance froide de l'une, plus chaude de l'autre, d'un humour incisif contrastant à une voix chantée, leurs enseignements se démarquent l'un de l'autre et font éclater deux personnalités aussi marquées qu'attrayantes. Irena semble être une parfaite incarnation de la beauté russe classique, mêlant sévérité et trait d’humour acerbe. Javier, quant à lui, dispense un enseignement de mouvements ronds, avec légèreté.


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Pendant une heure l’échauffement se poursuit.

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L’objectif est de préparer son corps à l’effort et de prévenir les blessures.

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Cet échauffement a lieu tous les matins.


Et quand la journée de répétitions commence, les danseurs goûtent aux fruits nés d'une idée, celle de Johan Inger et à l'interprétation qui en est faite par les costumières. Des aiguilles, du fil, des mètres ruban jonchent le sol. Sur scène, ce sont trois corps de métiers (danseurs, costumières, et chorégraphe) qui collaborent, échangent, interfèrent parfois. Divers horizons se mêlent, se séparent avant qu'ils ne se confondent dans une même œuvre pour servir la dernière étape du processus de création du spectacle.


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A droite, Johan Inger échange avec Catherine Voeffray (costumière), Marion Benagès (chargé de production des costumes) et Amandine Roque de la Cruz (maitre de Ballet)

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Johan Inger et Catherine Voeffray concentrés sur le choix de la couleur des costumes.

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Les première retouchent se font rapidement autour des répétition dans les loges, avant que le costume ne retourne dans les ateliers.

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Ne pas bouger, attendre que le verdict sur le choix des couleurs tombe.


Johan Inger, chorégraphe, accompagne ces silhouettes dans la création. L'échange est permanent avec les danseurs, et petit à petit la chorégraphie se construit, mue, transpire. Si au début des répétitions, la ligne directrice impulsée par Johan Inger semble claire, au fil du temps, de nombreux changements, des précisions et de subtiles modifications vont en modifier l'expression pour tendre à la perfection. L'Opéra de Lyon a sa propre maître de ballet qui lui est attaché, Amandine. Indispensable dans ce travail, elle note les repères musicaux, corrige certains mouvements. Johan Inger a pour assistant Yvan.


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Mise en place de la musique par Johan et Amandine. Le moindre mouvement est répertorié et enregistré.

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Attendre et rester à la disposition du chorégraphe, cela fait aussi partie de la journée d'un danseur.

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Ici, Caelyn s’efforce de rester chauffé.

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Chaque composante de la création est travaillé dans ses moindres détails.

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L'échange est permanent entre les danseurs et le chorégraphe, et indispensable pour mettre l’idée à exécution de ce dernier.

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Six semaines de création, ce sont beaucoup d’essais de mouvements et de figures. Seuls quelque uns seront retenus.

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Les corps se mélangent, se confondent.


Et quand on pousse les portes de l’atelier de couture, nous pouvons y découvrir le travail d'une multitude de petites mains qui trop souvent sont oubliées par le grand public. D'un côté, des croquis, des patrons de coutures, des presses à tissus, de l'autre des costumes à reprendre, à rétrécir ou à élargir. La précisions des mains des costumières, à la découpe ou la couture est telle, qu'il nous
semble avoir affaire à une armée de lutins transformant tout ce qu'ils touchent en objet éclatant de féérie. Cet atelier est le royaume de la « Fée du flou ». Tenace et habile, elle vient à bout de tout tissu aussi fragile et insaisissable que peut l'être un corps en mouvement. Forts des informations recueillies lors des essayages, ces lutins façonnent nombre de secondes peaux, permettant aux protagonistes de se mouvoir et d’incarner pleinement espoir et effort de survie. Les couleurs choisies, solaires et appuyées, rappellent tant autant l’envie, le désir, l’amour, que l’énergie nécessaire pour traverser les ombres de l’existence.


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Ici, la réserve de tissu des ateliers de couture de l’Opéra.

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Des annotations spécifiques à destination des costumières ont été déposées sur tous les costumes qui ont besoin d’être retouchés.

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Un à un ils sont retouchés.

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Puis enfin, repassés

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Chaque costume est nominatif.

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Il y a beaucoup d’échanges avec les costumières. Ici, Marion à droite demande à Caelyn si les chaussettes choisies ne la font pas glisser sur scène.


Enfin, les danseurs découvrent la scène, et répètent le ballet sans perdre leur souffle, du début à la fin. Ils s’imprègnent de la musique, suivent les directives du chorégraphe, modifient ici et là les pas, les gestes, jusqu’à danser avec la perfection requise pour clore la co-construction d’Under the day.


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Premier jour de répétition pour la première distribution. Il devait y en avoir deux mais pour des raisons de temps, seule la première sera maintenue. Ils peuvent être là en cas de blessure d’un danseur de la première distribution ou tout simplement pour alterner les soirs de spectacles afin que les danseurs puissent se reposer.

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Après quelques échanges, les danseurs doivent se réapproprier ce nouvel espace de danse.

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L’environnement est nouveau, mais le danseur professionnel qu’il est s’y habitue très vite.

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Sur scène, le rendu est très différent du grand studio.

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Des mises au point, des changements sont constants. Ici, Yvan qui est l’assistant de Johan Inger apporte quelques rectifications.

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Johan Inger, danseur d’exception en plus d’être chorégraphe corrige Raoul sur un mouvement.


Et quand on pousse les portes des coulisses, le ballet des techniciens rythme le spectacle. Les changements de décors sont calculés, et tels des métronomes, les techniciens s'affairent pour donner à la représentation son exacte pulsation. Gabriel Munoz, régisseur technique du Ballet, derrière son écran, visionne le spectacle. Chaque manœuvre technique est détaillé sur une fiche de route permettant la tourné du spectacle dans d’autres salles. Perchés dans les airs, d’autres surplombent la scène. Ils partagent avec les anges ce regard fin et protecteur. Au-dessus des nuages de décors, ils manipulent chaque câble, chaque ficelle de la vie scénique.


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Une heure est nécessaire aux techniciens pour mettre en place le décors du spectacle.

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A chacun son rôle, chaque tache est réalisée rapidement pour diminuer le temps d’attente du public.

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Johan et Yvan vérifient avec Gabriel la mise en place de la scène.

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En coulisse, sur le côté de la scène, Gabriel observe attentivement le bon déroulement du spectacle, accompagné souvent par les danseurs qui suivent la représentation.


Et quand le rideau s’ouvre, c’est une scène recouverte de nuages que le spectateur découvre. Dans cet univers, les spectateurs ne pourront apercevoir les limites de ce décor blanc, et assisteront, à un ballet inspiré de la vie personnelle de Nina Simone. Un espace aérien, où le public se perdra dans ce tumulte dont les Dieux semblent jouer. Il s’éteindra sur l’ouverture d’un pan de décors, laissant entrer une danseuse, tel un nourrisson préférant retourner dans le ventre maternel. Dans un cadre aussi vertigineux que splendide, l’idylle s’incorpore. Une même chanson, trois façons de l’interpréter, forment l’enveloppe sonore d’Under the day. Une même création, douze danseurs forment l’enveloppe visuelle, incarnation des élans et retraits relationnels entre soi et l’être aimé, dansant la vie de la légèreté au plomb. Ainsi, les danseurs, techniciens, sauront enfin, à ce moment là, si les toï toï partagés avant la représentation, leur ont porté chance.


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Passage obligé avant chaque représentation, la loge est le lieu où chaque artiste, une fois maquillé et costumé passe de la vie civile à l'état de danseur

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10 minutes avant la générale.

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En coulisse, à quelques mètres seulement de la scène, la danseuse Elsa Montguillot de Mirman finit de se préparer avant le spectacle.

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C’est parti, enfin !

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Il suffit de quelques secondes pour que le danseur se concentre et acquière la rigueur et la profondeur que demande la scène.

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La magie opère. Le public semble conquis.

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Un moment spécial qui récompense des semaines d'efforts, les applaudissements : un moment spécial qui récompense des semaines d’efforts. Ils saluent les danseurs qui ont interprétés le spectacle, mais peuvent aussi s’adresser à toute l’équipe du chorégraphe, aux techniciens et aux ateliers de couture et de décors. Toutes ces personnes qui ont travaillé ensemble pour présenter un spectacle unique.


Et quand on referme les portes de l’Opéra, c’est éclaboussé de vie que Under the day nous laisse à l’obscurité.